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Journée fraternelle des prêtres au séminaire de Caen
Jeudi 18 mars 2010
Je me situe comme héritier du travail des trois évêques qui ont porté le projet, Mgr Pierre PICAN, Mgr Jean-Claude BOULANGER et mon prédécesseur, Mgr Jacques FIHEY, avec le conseil du séminaire. Je dois dire que je suis entré de plain-pied et avec joie dans ce projet.
Même si le séminaire est situé géographiquement dans le diocèse de Bayeux, les trois évêques sont partie prenante et ils assurent la responsabilité du séminaire de manière collégiale.
Chacun de nous rencontre les séminaristes et les prêtres de son diocèse de manière personnelle une fois par an au séminaire. Il les rencontre également lors des activités diocésaines où ils sont présents, dans leurs lieux de stage. Nous avons régulièrement des rencontres avec le recteur du séminaire et, trois fois par an, nous rencontrons tous les trois l'ensemble du conseil du séminaire pour un temps de travail. Je dois dire que nous travaillons dans une confiance mutuelle. Et je n'oublie pas le pèlerinage à Rome, comme celui qui a eu lieu l'an passé lors de la Toussaint. Ce fut l'occasion d'un temps de vie fraternelle, d'une démarche vécue tous ensemble.
Je trouve intéressant d'avoir deux pôles qui structurent la vie du séminaire. La vie commune dans la maison Saint-Gilles et les études au Ceth.
Dans mon expérience personnelle, je me rappelle que, lorsque j'étais moi-même séminariste, nous étions un peu assistés, n'ayant pas prise sur les décisions, les orientations du séminaire. Ici, se vit réellement et concrètement un apprentissage de la coresponsabilité, chacun à sa place.
La communauté est le lieu d'une vie commune qui donne goût à la vie fraternelle. Il est formateur de vivre dans un même lieu, un lieu où on ne peut pas échapper aux exigences de cette vie fraternelle. Le petit nombre exige une vérité du comportement !
Je perçois chez les jeunes prêtres un désir de continuer cette expérience, ce qui est différent de ma propre génération. Mais c'est aussi une exigence à laquelle il nous faut être attentif même si elle n'est pas toujours facile à honorer. C'est également une exigence pour le presbyterium qui doit accueillir le désir de ces jeunes frères.
Les conditions d'exercice du ministère sont aujourd'hui exaltantes mais plus difficiles qu'autrefois. D'où l'exigence de cette fraternité qui, lorsqu'elle est vécue, peut aider et soutenir les prêtres.
Le petit nombre de la communauté est un autre risque. Il y a actuellement douze séminaristes. Il faut veiller à préserver dans cette petite communauté la liberté de chacun, ce qui est primordial, mais ce qui est rendu sans doute plus difficile dans cette situation fragile.
Le deuxième pôle est la formation intellectuelle au Centre d'Etude Théologique. Ce lieu de formation, qui est ouvert à tous, qui accueille des séminaristes, des laïcs, des religieux et religieuses, permet une ouverture, une confrontation à l'autre, dans la diversité des situations. Il permet de découvrir d'autres manières de vivre et dire la foi chrétienne. C'est également une ouverture au monde, essentielle pour se préparer au ministère presbytéral.
Ces deux pôles, la maison Saint-Gilles, lieu de la vie fraternelle et de l'apprentissage quotidien, et le Ceth, lieu de la formation intellectuelle, sont la richesse de cette nouvelle formule, vécue ici depuis cinq ans.
Monseigneur Stanislas LALANNE, évêque de Coutances et Avranches
