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L'année diaconale est capitale. Le diaconat, ce n'est pas un état de bas étage du sacerdoce. A mon sens le diaconat est fondamental, au sens qu'il est le fondement, la fondation. Une maison qui n'a pas de fondations solides est vouée à l'écroulement. Sans cette fondation, la maison du sacerdoce ne tiendra pas. Diaconat vient du mot grec diakonos qui signifie serviteur. Si le futur prêtre n'apprend pas avant tout à être serviteur à la fois du maître et de l'Eglise, grand est le risque qu'il devienne un prêtre qui fera sa petite cuisine dans son coin de manière complètement déconnectée du corps du Christ qu'est l'Eglise. Son sacerdoce risquera alors de perdre son sens et sa force. Apprendre à être serviteur, c'est donc apprendre l'obéissance au Christ au travers des médiations humaines que sont nos évêques et nos curés. Apprendre à être serviteur, c'est aussi apprendre à mettre l'intérêt du maître avant le sien. Il est parfois tentant de rechercher le confort et la sécurité quitte à mettre de côté l'annonce de l'évangile ou le service des pauvres qui nous rappellent notre propre misère. Sainte Thérèse écrivait : « Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même », c'est tout le sens du diaconat, car il n'y a pas de meilleur moyen d'aimer que de devenir serviteur. Pour avoir un cœur de prêtre, il faut garder son âme de diacre. C'est pourquoi on peut affirmer que l'ordination sacerdotale n'efface pas le diaconat, mais bien au contraire elle vient le sublimer.
Pierre-Yves Emile, diocèse de Séez
