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Au service de l'Eglise, au séminaire de Caen

Comment passe-t-on de mère de famille et assistante maternelle, à maîtresse de maison du séminaire Saint-Jean-Eudes ?
En ce temps ordinaire, la liturgie nous invite à scruter l'ordinaire de nos vies et de notre temps liturgique pour y déceler les signes extraordinaires de l'Amour de Dieu. C'est ce que nous avons voulu faire en donnant la parole au "quotidien" de notre vie au séminaire et à ses acteurs.
Cette semaine, nous accueillons le témoignage d'Antoinette, qui gère notre maison...
En même temps que d'être maman au foyer et en m'occupant de mes enfants, j'ai effectué le métier d'assistante maternelle pendant 20 ans. Un peu fatiguée par le stress des tout-petits (moins de 3 ans), surveillance continuelle, parents pas toujours faciles à gérer, je me suis mise à prier en demandant au Seigneur de me trouver un emploi de femme de ménage, seulement quatre heures par jour... Cela me conviendrait bien! Plusieurs années se sont écoulées et, un jour, une voisine me dit qu'elle venait de refuser un travail au séminaire car elle ne se voyait pas travailler avec des prêtres. Alors je saute sur l'occasion, et, de fil en aiguille, je me suis présentée au Centre d'Etudes Théologiques où résidait alors le séminaire. Je suis reçue très chaleureusement par sœur Thérèse Lamy, et, le 20 avril 1998, j'étais à mon poste.
Je me souviens avoir ressenti une grande joie, mais aussi beaucoup d'inquiétude, car la charge de travail me semblait énorme et j'avais peur de ne pas faire « l'affaire ».
Les circonstances ont fait que les séminaristes ont déménagé, et je les ai suivis à la maison Saint-Gilles.

Que représente pour moi ce travail ?
Comme pour chacun d'entre nous, le travail est d'abord une source de revenu pour ma famille, mais il représente pour moi autre chose. Je vais essayer en quelques lignes de vous partager ce que je vis au sein du séminaire.
Tout d'abord, je suis au service de l'Eglise en servant les séminaristes et leurs accompagnateurs. C'est pour moi une grande joie, lorsque j'arrive le matin : c'est l'heure du petit déjeuner, ils sont tous déjà bien éveillés, il y a un petit bonjour chaleureux et, parfois, je suis invitée à prendre un café. Parfois, l'un ou l'autre se déplace pour me saluer plus individuellement. Cela fait chaud au cœur !
Mon travail consiste à maintenir la maison propre, à préparer certains repas du midi et à faire la lessive du linge de maison. Depuis 2 ou 3 ans, les séminaristes rentrent prendre un repas chaque semaine, par cycle. J'ai la chance de partage ce repas. C'est un moment non seulement pour se restaurer, moment de convivialité, mais c'est aussi un moment où j'apprends à mieux connaître tel ou tel. Je profite de leurs échanges sur les cours reçus le matin ou les jours précédents.
A l'heure où dans la société actuelle, beaucoup sont stressés par leurs conditions de travail, je remercie le Seigneur d'avoir la chance de travailler dans un milieu respectueux où la condition humaine passe avant la rentabilité.
J'essaie d'être à l'écoute de chacun. Parfois lorsque je suis en cuisine, l'un ou l'autre vient prendre un café : c'est le moment des confidences, où ils ont besoin d'un conseil pour le linge ou la cuisine... ou tout simplement, ils viennent voir le contenu des marmites, chercher un peur de réconfort, des encouragements face à la difficulté des cours.

Le séminaire est ma deuxième famille, car les séminaristes agissent envers moi comme mes enfants ; il est ma deuxième maison, car je passe de l'un à l'autre sans presque m'en rendre compte.

 

« Cherchez d'abord le royaume et la justice de Dieu
et le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).
Antoinette Cohier

 

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