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En paroisse, pour devenir pasteur...

Depuis le 28 juin 2009, Mgr Stanislas Lalanne m'a ordonné diacre pour le diocèse de Coutances. Comme vous le savez, les séminaristes sont insérés dans leur diocèse, de manière progressive. L'année où l'on est diacre est la dernière année de formation. La présence pastorale est donc logiquement plus intense que dans les premières années de formation.
Actuellement, je suis présent sur la paroisse de la Haye du Puits du mercredi au dimanche, ce qui fait plus de la moitié de la semaine. Mes principaux formateurs vers le sacerdoce sont donc maintenant les chrétiens de la paroisse Bienheureux Marcel Callo. Je dirais que cette formation prend trois formes différentes : j'apprends à enseigner, j'apprends à gouverner, j'apprends à sanctifier. Il s'agit des trois fonctions essentielles du prêtre.
Sur une paroisse, la majeure partie du temps est prise par la rencontre avec les paroissiens. Il y a énormément de rencontres gratuites, de gens qui viennent partager ce qu'ils vivent, ou bien qui viennent confier leurs souffrances, leurs intentions de prière. Il faut être présent pour écouter, apaiser, donner de l'espérance. Je suis frappé par le fait que beaucoup de personnes vivent des évènements très durs. J'ai été surpris notamment par le nombre de suicides. Il faut apprendre à « pleurer avec ceux qui pleurent » (Rm 12, 15). Mais heureusement, il s'agit aussi souvent d'être « joyeux avec ceux qui sont dans la joie » (Rm 12, 15). La vie paroissiale est en fait une image de la vie sociale, mais avec le regard de Dieu. Nous formons une communauté qui aide chacun à se rapprocher de Dieu et à se rapprocher les uns des autres. Ensemble, le prêtre étant au gouvernail, nous avançons dans la sainteté. J'approche petit à petit de ce gouvernail et je m'émerveille de la beauté de ce que le Seigneur fait dans les cœurs. Je suis aussi reconnaissant envers toutes les petites mains qui font que la communauté paroissiale soit vivante.
Une bonne partie de la semaine est prise par les différentes formes d'enseignement. Il y a le catéchisme, des groupes de partages de la Foi, des groupes de partage d'Evangile, la prédication... Tous ces moments sont des occasions d'annoncer la Bonne Nouvelle. La communauté paroissiale n'est pas une administration. Elle est une cellule du corps du Christ. Et comme tout organisme vivant, elle a besoin de nourriture. Cette nourriture, c'est sa Parole. Et dans une paroisse, cette Parole doit être annoncé à des personnes qui ont une vraie relation avec Dieu. Mais il ne faut pas oublier ceux qui ont une vision partielle de Dieu et de l'Eglise, ou même ceux qui sont à l'extérieur de l'Eglise. Il faut annoncer l'Evangile à temps et à contretemps, c'est-à-dire à ceux que veulent l'entendre, qui ont faim et soif de Dieu ; et à ceux qui ne pensent pas en avoir besoin. C'est une joie extraordinaire de parler de Dieu, d'annoncer l'amour de Dieu à ceux qui ne se sentent pas aimé, d'annoncer la liberté de Dieu à ceux qui sont enchainés, d'annoncer la guérison à ceux qui sont malades.
Le point culminant de la vie paroissiale est de donner corps à tous les moments décrits plus hauts. Le sommet de la vie paroissiale est la célébration dominicale de l'Eucharistie. Toutes les actions d'une paroisse trouvent leur sens dans la prière communautaire par excellence qu'est la messe du dimanche. Tout tend à cela et tout prend sa source aussi dans cela. Car un pasteur a la charge de sanctifier les chrétiens. Quand il célèbre les sacrements, il donne le salut de Dieu. Il distribue les dons de Dieu largement. En tant que diacre, je célèbre les sacrements du baptême et du mariage. Je suis aussi au service du prêtre dans la célébration eucharistique. J'apprends donc à donner la vie de Dieu, à prodiguer ce que Dieu nous donne de meilleur : son salut. Cela fait grandir le corps du Christ. Cela nous fait tous grandir. Cela me fait grandir vers le sacerdoce.
En définitive, l'insertion paroissiale est pour le séminariste une école de la vie chrétienne, qui fait naître en nous un cœur de pasteur. Petit à petit, nous apprenons à être configuré au Christ pasteur, ce qui se réalisera lors de l'ordination sacerdotale. Dieu nous habitue à faire des merveilles au travers de nos mains. Il nous apprend à aimer comme il aime, à regarder les autres avec le regard que lui-même porte sur eux. Ce n'est pas fini au terme de la formation du séminaire mais le séminaire est tremplin. Grâce à Dieu, tout est possible.

Yann Deswarte, diacre du diocèse de Coutances et Avranches

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