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Accueillir les prêtres pour une journée fraternelle au séminaire
Depuis cinq ans, le séminaire Saint-Jean-Eudes de Caen vit une expérience nouvelle : nous avons changé de maison ! Beaucoup de prêtres de nos trois diocèses ont connu les locaux installés dans l'ancien petit séminaire Saint-Paul, rue du général Moulin. Pour eux, le séminaire reste cette grande maison, autrefois (du temps de mon propre séminaire...) entourée de champs. C'est là que demeurent les locaux du CETh où sont assurés les cours. Mais le lieu de vie du séminaire se trouve désormais à l'ombre de l'abbatiale Saint-Gilles, près de l'abbaye aux Dames, au cœur de la ville de Caen.
Depuis le déménagement, nous avons pris nos marques dans l'ancien « palais abbatial » de l'abbaye, même si, en ces temps de travaux, notre quotidien est bousculé ! Le jeudi 18 mars prochain, nous ouvrons nos portes aux prêtres bas-normands pour qu'ils connaissent notre maison, notre lieu de vie, mais surtout pour qu'ils voient ce que nous essayons d'y vivre ! En effet, il ne s'agit pas seulement d'un changement de lieu, d'un déplacement géographique. Il s'agit beaucoup plus d'un déplacement spirituel, d'un renouvellement de la vie quotidienne de la communauté du séminaire et du style de formation qui y est dispensée. Non pas que ce qui était fait avant n'était pas bon... mais, la formation doit se renouveler sans cesse pour former les prêtres d'aujourd'hui et de demain, pour correspondre toujours davantage aux attentes de nos contemporains : «l'Église se sent capable d'affronter les difficultés et les défis de cette nouvelle période de l'histoire. Elle peut aussi assurer pour le présent et pour l'avenir la formation de prêtres qui soient des ministres fervents et convaincus pour la "nouv
elle évangélisation ", des serviteurs fidèles et généreux de Jésus-Christ et des hommes.» (pastores Dabo vobis, n° 10). Le changement a bien été motivé par la volonté de répondre à des défis nouveaux. Aussi, lors de la journée fraternelle, les trois évêques et le Conseil prendront-ils la parole pour dire la spécificité de notre vie à la maison Saint-Gilles, de la formation des futurs prêtres aujourd'h
ui. Dans un deuxième temps, le dialogue s'instaurera avec les séminaristes qui pourront témoigner de leur expérience, partager leurs joies et leurs espérances pour notre Eglise et pour le monde. Dès à présent, j'aimerai souligner deux points qui me semblent importants. Il y a maintenant plus de deux ans que j'ai rejoint la communauté du séminaire. Ce qui me marque dans cette formule actuelle, c'est l'insistance, la priorité donnée à la vie fraternelle au sein d'une communauté qui réunit des prêtres et des séminaristes. Ensemble, nous apprenons à devenir davantage disciples, nous nous laissons façonner par la prière liturgique et personnelle, nous nous mettons à l'écoute de la Parole de Dieu. Les formateurs restent formateurs, et les séminaristes savent qu'ils sont là pour être formés, mais au-delà de cette différence, nous voulons être des frères et apprendre à vivre ensemble. Et cela passe par le quotidien de la vaisselle, des préparations de repas... D'une certaine manière nous apprenons à vivre l'Eglise comme « mystère de communion trinitaire en tension missionnaire » à l'intérieure de laquelle « se révèle toute identité chrétienne, et donc aussi l'identité spécifique du prêtre et de son ministère » (PDV 12).
Le deuxième point que je voudrais souligner tient à l'implantation géographique de notre maison : nous sommes désormais au cœur de la ville et je suis frappé par la présence d'étudiants, de voisins, de familles pour nos temps de prière, le jeudi soir ou à d'autres moments. Notre prière ouverte à tous est plus visible. Elle se nourrit de cette présence des chrétiens. Cela nous aide à les garder dans notre prière et à rester enracinés dans la vie du monde. C'est ce même contact qui se vit lors des repas au collège Saint-Paul ou au restaurant universitaire.
Pourquoi cette date du 18 mars ? Elle a été choisie en fonction certes des agendas des uns et des autres mais surtout pour sa proximité avec le 25 mars, fête patronale de notre séminaire : c'est le 25 mars 1643 que Saint Jean-Eudes fondait le premier séminaire à Caen... Chaque année, nous faisons mémoire de la miséricorde divine qui a permis une telle création et nous supplions Dieu de renouveler sa miséricorde aujourd'hui. Nous ne sommes qu'une petite communauté, fragile par son nombre mais enthousiaste, traversée par un désir missionnaire, par sa volonté de vivre de Dieu et de l'annoncer. Nous restons une petite pousse, mais nous sommes ancrés dans l'espérance, confiants en l'Amour divin qui n'abandonnera pas ses enfants.
Que la prière de saint Jean-Eudes et de saint Jean-Marie Vianney nous maintienne dans cette confiance !
Père Nicolas Courtois, membre du Conseil du séminaire
