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Le mystère pascal, célébration du salut

C'est par la célébration de la Pâque que l'Eglise rappelle l'acte définitif de salut et la victoire de la vie donnée par Dieu sur le péché et sur la mort. Ainsi la liturgie des trois jours saints - Jeudi saint, Vendredi saint et Vigile Pascale-, articule parfaitement les différents aspects du salut réalisé par le Christ.
Le mystère pascal se déploie dans le dernier repas précédant la Pâque où culmine l'exemple de Jésus venu "non pour être servi mais pour servir" (Mc 10,45), qui lave les pieds de ses disciples parce que déjà sa vie leur est offerte comme le testament de la Cène le manifeste. Ce mystère se manifeste à tous dans la croix du Golgotha où tout bascule par Amour en faveur du salut de l'humanité, dans l'apparente impuissance de Dieu, qui est le lieu de sa suprême puissance. Et finalement dans l'œuvre du Père ressuscitant Jésus et répandant son Esprit pour nous libérer du péché et de la mort (Rm 8).

La Pâque est mystère de notre renaissance et de notre propre relèvement par la volonté du Dieu d'Amour, Père, Fils et Esprit. Mystère trinitaire dont la célébration nous plonge au cœur même de vie, de la passion et de la résurrection du Christ.

Ce salut revêt une dimension actuelle. Tout n'est pas à attendre et les fruits de la résurrection du Christ sont perceptibles dans l'histoire présente et au plus profond de chaque existence. Si la Pâque est un passage de la mort vers la vie, ce passage est déjà possible dans notre vie présente et une autre rive peut être touchée.

"Ce sont de nouveaux cieux et une terre nouvelle que nous attendons selon sa promesse, où la justice habitera" (2 P 3,13), mais cette terre nouvelle n'est pas hors de portée et la vie éternelle peut se déployer en nous dès maintenant.
Le ressuscité nous conduit à travers les méandres et les épreuves de notre vie. Il est pour chacun de ceux qui croient en sa Parole le "bon berger" et la "porte des brebis" (Jn 10,1-16) : "Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé". Il y a là une dimension résolument positive du salut que nous ne pouvons sous-estimer : le salut est présence, dans notre vie d'aujourd'hui et dans l'histoire, du Dieu Amour qui nous achemine, si nous l'accueillons vers la pleine communion avec Lui. De quoi aurions-nous peur ?

Père Pierre-Antoine Bozo
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