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Vivre l'ostension du saint Suaire de Turin

Lorsque nous sommes partis le vendredi 30 avril 2010 du séminaire de Caen en milieu d'après-midi il faisait une chaleur tropicale et un soleil radieux. Comme à l'accoutumée sur les terres de notre chère région normande, me diriez-vous. Par conséquent, le projet étant de partir direction plein Sud, vers le soleil de l'Italie, je n'avais prévu que le stricte minimum : une simple veste, la plus légère possible, au cas où. Quant à mes compagnons de voyage, mes deux confrères de premier cycle et notre accompagnateur l'abbé COURTOIS, je n'oserais révéler quoi que ce soit les concernant. Le lecteur se contentera donc de supposer leur organisation méticuleuse et prévoyante.

Quoi qu'il en soit, c'est sous une averse d'une rare intensité, comme il n'en existe pas en Normandie, que nous avons patiemment attendu notre tour pour pouvoir nous recueillir quelques courts instants devant le suaire de Turin. Tel était l'objectif de notre pélerinage. Un pélerinage au sens moderne où nous l'entendons, c'est-à-dire non seulement avec nos pieds, mais aussi en voiture, en bus et en train (qu'il soit T.G.V. ou R.E.R.). Il était certes quelque peu pénible pour nous mais surtout très impressionnant de voir une foule si nombreuse s'être déplacée, malgré les mauvaises conditions climatiques, pour voir le linge où le corps de Jésus semble avoir été déposé, mort et ensanglanté, après son sacrifice sur la croix qui nous obtînt le salut. L'existence de ce tissu et les données étonnament proches des récits évangéliques que nous en révèle la science font de ce linceul, à mon sens, un bel outil apologétique. Mais il convient d'ajouter, tout en affirmant par la même occasion le droit de réserve que la prudence me pousse à garder, que la valeur de ce linceul se trouve aussi dans la capacité qu'il a de mettre les multitudes, parfois éloignées de l'Église, en présence de l'histoire de leur salut.

C'est également ce que le Souverain Pontife nous a permis de vivre en célébrant le lendemain la messe du cinquième dimanche de Pâques, puisque la célébration de la messe constitue bien l'actualisation du mystère pascal, et donc de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Avec les yeux de la foi, ce n'est alors plus seulement le linge qui a accueilli le corps de Jésus que nous avons pu contempler, mais bien Jésus lui-même.


Quant aux saints, qui sont-ils sinon précisément ceux qui nous aident à perçevoir la présence de Christ au milieu de nous ? Et en ce qui concerne les saints, la ville de Turin n'est pas en reste. En l'espace de deux jours nous avons eu l'accasion de nous recueillir sur les tombeaux de grands saints tels que saint Jean BOSCO, saint Dominique SAVIO ou encore le bienheureux Pier Giorgio FRASSATI. Des trois, ce sont les traces de saint Jean BOSCO que nous avons le plus pu suivre. En découvrant le lieu de sa première fondation, le Valdoco, nous avons perçu ce qui était à l'origine de son dynamisme missionnaire et éducatif. Comme me le faisait remarquer l'abbé COURTOIS, très justement d'ailleurs (comment pourrais-je dire le contraire ?), c'est dans la célébration de la messe et le ministère de la confession que ce saint prêtre su tirer les forces nécessaires à l'accomplissement de tant d'activités si héroiquement charitables.
Sinon, pour ceux qui ne seraient intéressés que par des considérations touristiques et qui auraient malgré cela eu le courage de lire jusqu'à ces lignes cet article, ajoutons que la ville de Turin ne manque en rien de splendides églises baroques et de charmantes places, méritant par là que les passionnés d'architecture fassent en cette ville méconnue pour ses qualités touristiques un séjour qui ne pourra être que mémorable.

Stanislas Briard, séminariste de Coutances & Avranches, 1ère année

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