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Fidélité du Christ, fidélité de l’homme...
Dès le mercredi matin, le Cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, donnait le ton de ces jours de récollection en nous invitant à redécouvrir la place essentielle du sacrement de Pardon pour notre ministère et pour notre vie personnelle. Ce sacrement est pour chaque baptisé, et pour le prêtre lui-même, le lieu de l'expérimentation de l'Amour de Dieu qui relève, qui prend pitié, qui nous attend. Il est pour le prêtre le lieu de sa propre conversion, car il lui permet de se reconnaître humblement faible, pécheur, et de se recevoir de Dieu. Si, comme le curé d'Ars le dit, le prêtre est «quelque chose de grand ! », ce n'est pas par lui-même... Mais c'est la grâce de Dieu qui se déploie en lui qui est grande et belle ! Et le cardinal de nous exhorter à être présent au confessionnal afin que les gens nous y sachent présents. Peut-être cela semblera-t-il du temps perdu, mais ce temps sera le témoignage de l'Amour, témoignage de Dieu qui patiente en attendant le pécheur, qui est là à nous attendre ! Nous pouvons alors témoigner du Pardon miséricordieux du Père : « La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage. » (Curé d'Ars). Après l'exhortation du cardinal Meisner comme après celle du cardinal Ouellet, nous avons vécu un long temps d'adoration silencieuse pendant laquelle de nombreux prêtres se sont exposés à l'Amour du Père en recevant son pardon... Quelle belle image que de voir tous ces prêtres à genoux devant un frère pour demander le pardon du Père. Et il n'a pas été rare de voir le confesseur et le pénitent échanger leur rôle !
Le deuxième moment que je garde dans l'action de grâce, c'est la veillée du jeudi soir sur la place Saint-Pierre de Rome. Durant cette soirée, après des témoignages de prêtres aux ministères bien différents, d'une famille ou d'une religieuse, Benoît XVI a répondu à cinq questions : comment gérer les tâches pastorales trop nombreuses, comment gérer la différence entre la théologie et l'enseignement de l'Église, comment affirmer l'importance du célibat des prêtres, comment vivre l'eucharistie en évitant le ritualisme et le cléricalisme, comment répondre au manque de vocations ?... Avec une douceur toute paternelle, un amour fraternel pour les prêtres, sans ja
Je voudrais vous livrer la réponse qu'il a apportée à la question du manque des vocations, réponse qui illustre bien ce ton bienveillant et ferme de ses réponses :
Très Saint-Père, je m'appelle don Anthony Denton et je viens de l'Océanie, d'Australie. Nous sommes ici ce soir très nombreux. Mais nous savons que nos séminaires ne sont pas remplis de prêtres et qu'à l'avenir, dans diverses parties du monde, nous attend une baisse, même brutale. Que pouvons-nous faire de véritablement efficace pour les vocations ? Comment proposer notre vie, dans ce qu'elle a de grand et de beau, à un jeune de notre temps ?
Benoît XVI - Merci. Vous évoquez de nouveau un problème réellement important et douloureux de notre temps: le manque de vocations, à cause duquel les Eglises locales courent le risque de devenir arides car elles n'auront pas la Parole de vie, la présence du sacrement de l'Eucharistie et des autres sacrements. Que faire ? La tentation est grande de prendre nous-mêmes les choses en main, de transformer le sacerdoce - le sacrement du Christ, le fait d'être élu en lui - en une profession normale, en un job à heures fixes, et le reste du temps, n'appartenir qu'à soi-même ; le faisant ainsi devenir semblable à n'importe quelle autre vocation : le rendre accessible et facile. Mais il s'agit d'une tentation qui ne résout pas le problème. Cela me fait penser à l'histoire de Saül, le roi d'Israël qui avant la bataille contre les Philistins, attend Samuel pour le sacrifice nécessaire à Dieu. Et lorsque Samuel, le moment venu, ne vient pas, il accomplit lui-même le sacrifice, bien que n'étant pas prêtre (cf. 1 Sm 13) ; il pense ainsi résoudre le problème, mais naturellement, il ne le résout pas, car s'il prend lui-même en main ce qu'il ne peut pas faire, il se fait lui-même Dieu, ou presque, et il ne peut pas s'attendre à ce que les choses aillent vraiment dans le sens de Dieu. Et ainsi, si nous n'exercions nous-mêmes qu'une profession comme d'autres, en renonçant au caractère sacré, à la nouveauté, à la diversité du sacrement que seul Dieu donne, qui ne peut venir que de sa vocation et pas de notre « action », nous ne résoudrions rien. Nous devons d'autant plus - comme le Seigneur nous y invite -, prier Dieu, frapper à la porte, au cœur de Dieu, afin qu'il nous donne des vocations ; prier avec une grande insistance, avec une grande détermination, avec une grande conviction également, car Dieu ne se dérobe pas devant une prière insistante, permanente, confiante, même s'il laisse faire, attendre, comme dans le cas de Saul, au-delà des temps que nous avions prévus. Cela me semble le premier point : encourager les fidèles à avoir cette humilité, cette confiance, ce courage de prier avec insistance pour les vocations, de frapper au cœur de Dieu, afin qu'il nous donne des prêtres. J'ajouterais peut-être trois autres points à cela. Le premier : chacun de nous devrait faire de son mieux pour vivre son sacerdoce de façon à être convaincant, de façon à ce que les jeunes puissent dire: ça c'est une véritable vocation, on peut vivre comme ça, on fait ainsi quelque chose d'essentiel pour le monde. Je pense qu'aucun d'entre nous ne serait devenu prêtre s'il n'avait pas connu des prêtres convaincants dans lesquels brûlait le feu de l'amour du Christ. Ceci est donc le premier point : essayons nous-mêmes d'être des prêtres convaincants. Le deuxième point est que nous devons inviter, comme je l'ai déjà dit, à prendre l'initiative de la prière, à avoir cette humilité, cette confiance de parler avec Dieu avec force, avec décision. Et le troisième point : avoir le courage de parler avec les jeunes pour savoir s'ils peuvent penser que Dieu les appelle, car souvent, une parole humaine est nécessaire pour s'ouvrir à l'écoute de la vocation divine ; parler avec les jeunes et surtout également les aider à trouver un contexte vital dans lequel ils puissent vivre. Le monde d'aujourd'hui est tel qu'il semble presque exclu qu'une vocation sacerdotale puisse y mûrir. Les jeunes ont besoin de milieux dans lesquels on vit la foi, dans lesquels apparaît la beauté de la foi, dans lesquels cela apparaît comme un modèle de vie, « le » modèle de vie, et donc ils ont besoin qu'on les aide à trouver des mouvements ou une paroisse - la communauté au sein d'une paroisse -, ou d'autres contextes dans lesquels ils soient véritablement entourés de la foi, de l'amour de Dieu, et où ils puissent donc être ouverts afin que la vocation de Dieu arrive et les aide. Du reste, rendons grâces au Seigneur pour tous les séminaristes de notre temps, pour les jeunes prêtres, et prions. Le Seigneur nous aidera ! Merci à vous tous !
Après ce dialogue, le pape s'est humblement effacé devant le Christ présent dans son Eucharistie. A ce moment, nous nous sommes tous retrouvés à genoux, précédés par le successeur de Pierre, devant notre Maître. Temps d'adoration qui nous a fait goûter la présence de Dieu, temps de recueillement dans lequel chaque prêtre a pu redire son désir de vivre du Christ, son amour pour lui et sa passion pour l'humanité. Nous avons vécu une «étreinte spirituelle», celle de l'Epouse accueilli par son Epoux bien-aimé... L'Esprit a soufflé sur l'assistance, promesse de fruits à venir.
Que Dieu soit remercié pour ce si beau cadeau... Amen, marantha !
Pour rester dans la grâce de conversion de l'année sacerdotale, le pape nous a invités à nous consacrer à la Vierge Marie, comme il avait déjà consacré tous les prêtres lors de son pélerinnage à Fatima.
Je vous invite à dire cette prière pour que le Seigneur, par la prière de Notre-Dame Reine des prêtres nous accorde d'être des prêtres saints:
Acte de consécration des prêtres au Coeur Immaculé de Marie
Père Nicolas Courtois, prêtre du diocèse de Coutances et Avranches et membre du Conseil
Pour continuer la méditation:
Homélie du pape Benoît XVI le 11 juin 2010
Dialogue avec les prêtres lors de la veillée du jeudi 10 juin 2010
