Archives

 
 

Accueil » Billet de la semaine

Se préparer au séminaire

«La vraie, la seule perfection, ce n'est pas de mener tel ou tel genre de vie, c'est de faire la volonté de Dieu... Là seulement est la perfection... Être où Dieu nous veut, faire ce que Dieu veut de nous, et en tous les états où Dieu nous veut, penser, parler, agir comme Jésus aurait pensé, parlé, agi, si son Père l'avait mis en cet état» (Charles de FOUCAULD). Voilà la citation, apposée sur le prospectus de la Maison Charles de FOUCAULD, maison voulue par les évêques de la Province de Rennes pour permettre un véritable enracinemetn dans le Chrsit. Cette phrase acheva de me convaincre qu'il me fallait demander l'admission au sein de cette «école de discernement».

Au cours de mon année de terminale, la seule question spirituelle qui m'habitait alors était celle de la volonté de Dieu. Il est vrai, la question du sacerdoce se posait déjà pour moi depuis quelques années, et c'est là d'ailleurs la seule condition nécessaire pour entrer à la Maison Charles de FOUCAULD, avec celle d'avoir dix-huit ans, un baccalauréat et d'être un garçon !. Mais, sensibilisé très jeune à la question de la volonté de Dieu par un aîné dans la foi, il s'agissait d'abord pour moi de discerner ce qu'Il voulait de moi, pour faire non pas ce qui me plaît, mais ce qui Lui plaît. Et étant par nature hésitant, je n'étais pas certain que le Seigneur m'appelle au sacerdoce, et même si tel avait été le cas, je ne savais pas dans quelles circonstances... En effet les façons de vivre le sacerdoce sont multiples : comme prêtre diocésain, comme religieux ou comme moine, comme prêtre séculier appartenant à une fraternité de prêtres... N'étant par conséquent pas prêt à rentrer au séminaire, il me fallait un lieu pour discerner, une sorte d'année sabbatique spirituellement forte pour me mettre à l'écoute du Seigneur. Et le Seigneur a mis sur ma route un membre de cette maison Charles de Foucauld. Là, j'ai trouvé ce que j'étais venu chercher.
Se mettre à l'écoute de Dieu, c'est d'abord méditer sa Parole. Or pour méditer la Parole, il faut commencer par la lire. Et pendant cette année, il est prévu que chacun lise la Bible dans son ensemble. Et c'est ce que j'ai fait, découvrant l'aridité des longues listes de noms propres vétérotestamentaires, mais aussi la fécondité de pouvoir lire un évangile d'un seul trait et non, comme l'exige la vie ecclésiale, en de multiples séquences. Lire la Parole de Dieu est une chose, la méditer en est une autre. Et je découvris la prière de l'oraison. Une demi-heure de prière silencieuse le matin, un cœur-à-cœur avec Dieu où l'on apprend à être là gratuitement par amour pour lui, voilà à mon sens le lieu fondamental du discernement. Là on apprend à écouter Dieu, à faire silence et à arrêter de parler pour le laisser parler. Mais la prière n'est pas qu'une affaire personnelle, c'est aussi et avant tout une affaire ecclésiale. Or pour s'unir à la prière de l'Église, il n'y a pas de meilleur moyen que de participer à la liturgie qu'elle nous propose chaque jour. Pour cela, j'ai découvert la liturgie des heures, la prière du bréviaire. Grâce à celle-ci j'ai appris à sanctifier l'ensemble de ma journée, au centre de laquelle j'ai également appris à placer la Messe. Charles de FOUCAULD disait : «une communion vaut plus que tout l'or du monde». La liturgie, si elle peut parfois être célébrée seul, est d'abord un acte communautaire. Personnellement, les liens amicaux que j'ai cultivés durant cette année sont très profonds. On peut difficilement vivre un an les uns avec les autres puis rester dans l'ignorance mutuelle. La richesse de tant d'évènements vécus en commun fait désormais de nos rencontres, plus espacées par le fait de choix différents ou de séparation géographique, des moments non de nostalgie mais davantage de joie intense. Et cette vie communautaire n'en est pas pour autant écrasante, grâce à l'organisation très équilibrée de chaque journée, où le silence occupe une place importante, et grâce au lieu offrant la solitude à celui qui en a besoin. Ensuite, il convient que celui qui deviendra peut-être un jour un jeune lévite appréhende un temps soit peu ce qui l'attend. Pour cela, deux insertions paroissiales sont au programme, ainsi qu'une découverte des différents diocèses représentés et qu'un mois au service des plus pauvres. Car si on découvre Dieu dans la prière, on le découvre également par l'intermédiaire des autres, et plus spécialement par l'intermédiaire des membres souffrants de son Corps. C'est ainsi que prend sens ce que dans le langage ignacien nous appelons le mois d'expériment, à la fois pour faire savant et pour montrer combien cette démarche est ancrée dans la Tradition de l'Église. Mais c'est aussi de cette manière que se comprend le service rendu chaque semaine auprès des plus pauvres : éprouver à travers eux la présence du Christ, plus que « faire » quelque chose au cœur d'une année où l'objectif est davantage d'être avec Dieu. Enfin tout ce qui est vécu au cours de cette année est relu avec un prêtre directeur spirituel lors d'entretiens hebdomadaires qui ont pour but de rendre objectif ce qui est vécu et interprété subjectivement comme signe de la volonté de Dieu.

Stanislas Briard, séminariste de Coutances & Avranches

"La vocation de la Maison Charles de Foucauld est d’offrir à qui envisage la prêtrise un solide enracinement dans le Christ. Un jeune homme se posant la question du sacerdoce doit y trouver les moyens de devenir un vrai disciple du Christ, d’approfondir son amitié avec lui de façon stable. Elle est un lieu d’unification de la personne, de maturation et d’approfondissement. La finalité est donc clairement de fonder sa vie sur le Christ afin de pouvoir faire, par la suite, un choix libre." site de la maison Charles de Foucauld

&,bsp;