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Entrer dans la volonté d'être changé par Dieu
En ce début d'année, nous vous invitons à lire la méditation adressée à la communauté du Séminaire Saint-Jean-Eudes par son recteur, le Père Régis Rolet, au moment de sa rentrée.
Nous voici réunis pour prier l'office des Vêpres de ce XXIVème dimanche du Temps Ordinaire. En ce Jour du Seigneur où la voix de Dieu a retenti, sa Parole nous a été adressée. Je reçois le pain qu'il nous faut pour la route d'une nouvelle année de formation au Séminaire. Relisez et méditez la lecture de la Première Lettre de saint Paul Apôtre à Timothée (1,12-17) et l'Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc en son quinzième chapitre. Voici pour vous, frères séminaristes et pour nous, les prêtres chargés de vous accompagner et de vous conduire, deux exhortations pour commencer cette année nouvelle de formation au Séminaire. - Rendre grâce à tout moment ! Rendre grâce au Seigneur pour tout ce qu'il a déjà fait en nous donnant la vie et en nous appelant à devenir un pasteur selon son coeur. - Se reconnaître pécheur pardonné par le Seigneur et sans cesse laisser son œuvre de pardon se faire en nous. Nous devons faire action de grâce comme pécheurs pardonnés et ainsi entrer dans la joie du salut ! Bien sûr, je rends grâce avec vous tous pour ce que le Seigneur a fait en chacun de nous durant cet été mais d'une manière toute particulière je rends grâce pour l'année de fondation spirituelle, vécue à la maison du bienheureux Charles de Foucauld à Saint Pern ou à l'Ecole de la Foi de Coutances, qui a permis à Florian, Louis et Pierre de demander à l'évêque de leur diocèse à entrer au Séminaire, pour se préparer avec l'aide et le discernement de l'Eglise à devenir prêtre diocésain. Ils rejoignent notre communauté. Déjà nous les portions dans notre prière, aujourd'hui nous sommes dans la joie d'accueillir de nouveaux frères. Le Séminaire, les plus anciens l'ont déjà appris, c'est un temps où il s'agit de se laisser former par Dieu, de laisser notre vie s'ajuster à la forme de vie du Christ. Et le vrai formateur, celui qui habite à la fois la vie du séminariste et la vie de tous ses formateurs c'est le Christ, le seul et Unique Maître ! Ecoutons encore une fois un passage de l'exhortation apostolique sur la formation des prêtres, ce beau document intitulé Je vous donnerai des pasteurs, rédigé par le Pape Jean-Paul II en 1992 - une exhortation qu'il faut lire et relire en chacune de ses années de séminaire - : "Vivre au séminaire, école d'Evangile, veut dire vivre à la suite du Christ comme les Apôtres, se laisser initier par lui au service du Père et des hommes, sous la conduite de l'Esprit Saint, et se laisser configurer au Christ Bon Pasteur pour un meilleur service sacerdotal dans l'Eglise et dans le monde" (n.42) Nous avons à vivre le séminaire à l'image de Jésus entouré de ses douze apôtres : "Après les avoir appelés et avant de les envoyer prêcher, Jésus leur impose un temps de formation destiné à développer un rapport de communion et d'amitié profonde avec lui (cf. Mt 13,11), et il veut en faire des témoins de sa prière silencieuse à son Père (cf. Jn 17, 1-26 ; Lc 22, 39-45)". (Je vous donnerai des pasteurs n. 42) Ici on touche à l'essentiel, à la qualité et plus encore à la vérité de votre relation au Christ ! Sans Lui notre vie tombe en ruine ! Sans Lui nous ne sommes que repli sur nous-mêmes, capable de nous complaire mais aussi de nous étouffer. Avec Lui nous pouvons laisser se déployer ce que nous sommes en vérité et ainsi plaire à Dieu et véritablement respirer. Vivre une amitié profonde avec le Christ s'apprend dans le plus humble quotidien et tout particulièrement dans les exigences de notre vie commune au Séminaire. C'est ici que le Christ vous attend et pas ailleurs. Ceci redit l'importance d'une certaine mise à l'écart qu'il faut vivre pendant le temps du Séminaire. Cependant bien des aspects de la formation, et particulièrement dans la forme que vous en propose les évêques de Basse Normandie, vous mettent en relation avec de nombreuses réalités de la vie de l'Eglise et du monde, et vous n'êtes pas totalement coupés des relations familiales et amicales. Mais toutes ces relations doivent se rapporter et se mesurer à votre relation au Christ. Et le fait d'être séminariste implique une transformation de chacune de vos relations passées et à venir ; c'est en toutes celles-ci, aussi, que le Seigneur va vous former et vous apprendre avant tout à n'être qu'à Lui et à devenir les témoins privilégiés de son Amour pour tous. Mais je le répète c'est ici, en ce lieu vivant qu'est la communauté du Séminaire, que le Seigneur vous attend pour vivre dans la vérité une relation fraternelle les uns avec les autres. Et cela ne doit pas rester des mots teintés d'enthousiasme spirituel. La dimension spirituelle de vos vies vous sera d'autant révélée que vous vivrez votre vie d'homme. Et cela est parfois très difficile. Mais vouloir échapper à la confrontation les uns avec les autres, c'est déjà se replier sur soi et refuser toute formation. Se laisser former c'est éprouvant ! Ce qui est véritablement éprouvant n'est pas l'ascèse que je m'imposerais mais précisément ce que la Parole de Dieu m'indique comme chemin de conversion souvent si inattendu et si mal reçu de moi-même ; restant sourd à sa Parole, prêt à l'exploit religieux personnel et non au véritable mouvement d'humilité, de pauvreté auquel je suis appelé et dont je suis capable avec la grâce de Dieu. Je pense que le Seigneur nous attend dans le plus concret de nos vies ! Il nous a appelé non pas parce que nous sommes les meilleurs mais parce qu'il nous aime. Et il n'a pas eu peur de nos fragilités les plus grandes, ni de notre péché. Dans son appel a commencé l'oeuvre de sa miséricorde, l'oeuvre du pardon de notre péché. Il nous faut apprendre à connaître notre péché dans la lumière de l'Esprit Saint qui nous est donné par Jésus Christ. Cet apprentissage, comme celui de mieux se connaître, est au centre de la formation que chacun doit ici vivre. Ainsi la communauté du séminaire doit devenir "lieu du pardon et de la fête" ! Expression chère à Jean Vanier, fondateur de l'Arche, cette oeuvre découverte et servie par deux de nos frères, Quentin pendant deux années et Alain pendant une année, que nous sommes heureux de retrouver en communauté de vie. Soyons attentifs à tout ce qu'ils pourront nous apprendre, avec simplicité, de la vie fraternelle reçue des personnes si fragilisées avec lesquelles ils ont vécu. Je souhaite que notre communauté soit lieu du pardon et de la fête. Une authentique communauté chrétienne est une communauté qui naît du pardon que ses membres sont capables de s'adresser à l'image du Pardon accordé au Fils prodigue et de cela découle la réjouissance, le rayonnement de l'Amour, un vrai témoignage de l'Evangile.
Après avoir évoqué ceux qui reviennent de stage je pense à Jean-Philippe, qui lui vient de partir pour deux années de coopération missionnaire au Tchad. Je n'ai pas encore de nouvelles quant à son atterrissage. Nous ne devons jamais oublier malgré les distances, notre proximité avec lui dans la communion fraternelle en priant le même Seigneur qui, d'une autre manière, continue de le former selon son coeur. Nous allons commencer notre année en découvrant la figure du vénérable John Henry Newman qui sera béatifié le 19 septembre par le Pape Benoît XVI. C'est un événement de grande importance que nous allons vivre et dont nous prendrons la mesure d'abord avec la retraite qui nous sera prêchée par Mgr Olivier de Berranger puis tout au long de l'année. Je pressens l'importance de cette figure de Newman notamment quant à la bonne articulation, au travail d'unification entre la vie spirituelle et la vie intellectuelle qui est tant souhaité dans ce temps de formation au Séminaire. John Henry Newman, que je connais trop peu pour bien en parler, me semble un bon guide pour reprendre conscience de la dimension de l'intériorité des chrétiens que nous sommes. Mieux découvrir que le chrétien est "un homme qui a un sens souverain de la présence de Dieu en lui". En écho à tout ce que je viens d'écrire pour cette rentrée du Séminaire saint Jean-Eudes je laisse place maintenant aux mots de l'un de ses sermons comme une exhortation assez exigeante mais si réaliste, pour chacun d'entre nous : "Nous sommes par nature ce que nous sommes ; bien pécheurs et corrompus, nous le savons. Cependant, nous aimons être ce que nous sommes, et pour bien des raisons il nous est très désagréable de changer. Nous ne pouvons pas nous changer nous-mêmes ; cela aussi nous le savons bien, ou du moins, un minimum d'expérience nous l'apprendra. Dieu seul peut nous changer ; Dieu seul peut nous inspirer les désirs, les affections, les principes, les conceptions, et les goûts qu'implique un changement. Cela aussi, nous le savons ; car je parle ici des hommes qui possèdent le sens de la religion. Qu'est-ce qui manque, alors, à nous autres qui faisons profession de religion ? Je le répète, c'est ceci : une volonté d'être changé, une volonté de permettre (...) à Dieu tout-puissant de nous changer. Nous n'aimons pas lâcher prise sur nous-mêmes, et, partiellement ou totalement, bien que tout nous soit offert gratuitement, nous nous accrochons à notre vieux "moi". Même si on nous promettait de pouvoir changer sans difficulté aucune, même s'il n'y avait aucun renoncement à nous-mêmes, aucun effort pour changer, nous n'accepterions pas davantage. Nous n'aimons pas être recréés ; nous en avons peur ; cela nous sort de nos manières de faire naturelles et habituelles. Nous avons le sentiment de ne plus pouvoir être nous-mêmes, si nous ne gardons pas une part de ce que nous avons été jusqu'ici ; et, bien que nous professions haut et fort, et d'une manière générale, notre désir d'être changé, en fin de compte, lorsque les circonstances particulières se présentent à nous, nous reculons devant celles-ci, et sommes contents de rester inchangés. Mais lorsqu'un homme vient à Dieu pour être sauvé, ce qui constitue alors, je vous le dis, l'essence de la conversion véritable, c'est de se rendre, sans réserves et inconditionnellement ; et c'est là une parole que la plupart des hommes qui viennent à Dieu ne peuvent accepter. Ils souhaitent être sauvés, mais à leur idée ; ils souhaitent (pour ainsi dire) capituler sous conditions, emporter leurs biens avec eux ; alors que l'esprit véritable de la foi conduit un homme à détourner son regard de lui-même vers Dieu, à n'attacher aucune importance à ses propres désirs, à ses habitudes, à sa propre importance ou à sa dignité, à ses droits, à ses opinions, et à dire : "Je me remets entre tes mains, ” Seigneur ; fais de moi ce que tu veux ; je m'oublie ; je me sépare de moi-même ; je suis mort à moi-même ; je te suivrai". (John Henry Newman, "Le témoignage de la conscience", Sermons paroissiaux, V, p. 210-216, Présenté par Keith Beaumont dans John Henry Newman, Artège spiritualité, 2010, p.125-127) Seigneur je remets entre tes mains toute la communauté du Séminaire et plus largement toutes celles et ceux qui contribueront à la formation de chacun. Je pense à Antoinette Cohier au service de notre maison, je pense à tout le personnel du Centre d'études théologiques, aux Soeurs oblates de sainte Thérèse, à Marie-Thé Hamed, secrétaire, à tous les enseignants, au personnel de la bibliothèque et bien sûr au directeur lui-même, à M. Thomas Gueydier. Je pense encore au Père Gérard Pitel curé de la paroisse sur laquelle nous résidons et à tous les curés d'accueil et d'insertion pastorale, à tous les autres prêtres, à tous les laïcs qui accompagneront les activités apostoliques des séminaristes. Je présente au Seigneur par avance, celles et ceux qu'il mettra sur notre route et par lesquelles il viendra mieux nous former encore. Enfin c'est en communion avec Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Coutances et Avranches et le Père Christian Roullé, administrateur du diocèse de Séez que nous confions cette année de Séminaire au Seigneur par l'intercession de la Vierge Marie et de saint Jean-Eudes. A chacun de vous Paix et Joie ! Que le Seigneur vous bénisse au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit !
Après avoir évoqué ceux qui reviennent de stage je pense à Jean-Philippe, qui lui vient de partir pour deux années de coopération missionnaire au Tchad. Je n'ai pas encore de nouvelles quant à son atterrissage. Nous ne devons jamais oublier malgré les distances, notre proximité avec lui dans la communion fraternelle en priant le même Seigneur qui, d'une autre manière, continue de le former selon son coeur. Nous allons commencer notre année en découvrant la figure du vénérable John Henry Newman qui sera béatifié le 19 septembre par le Pape Benoît XVI. C'est un événement de grande importance que nous allons vivre et dont nous prendrons la mesure d'abord avec la retraite qui nous sera prêchée par Mgr Olivier de Berranger puis tout au long de l'année. Je pressens l'importance de cette figure de Newman notamment quant à la bonne articulation, au travail d'unification entre la vie spirituelle et la vie intellectuelle qui est tant souhaité dans ce temps de formation au Séminaire. John Henry Newman, que je connais trop peu pour bien en parler, me semble un bon guide pour reprendre conscience de la dimension de l'intériorité des chrétiens que nous sommes. Mieux découvrir que le chrétien est "un homme qui a un sens souverain de la présence de Dieu en lui". En écho à tout ce que je viens d'écrire pour cette rentrée du Séminaire saint Jean-Eudes je laisse place maintenant aux mots de l'un de ses sermons comme une exhortation assez exigeante mais si réaliste, pour chacun d'entre nous : "Nous sommes par nature ce que nous sommes ; bien pécheurs et corrompus, nous le savons. Cependant, nous aimons être ce que nous sommes, et pour bien des raisons il nous est très désagréable de changer. Nous ne pouvons pas nous changer nous-mêmes ; cela aussi nous le savons bien, ou du moins, un minimum d'expérience nous l'apprendra. Dieu seul peut nous changer ; Dieu seul peut nous inspirer les désirs, les affections, les principes, les conceptions, et les goûts qu'implique un changement. Cela aussi, nous le savons ; car je parle ici des hommes qui possèdent le sens de la religion. Qu'est-ce qui manque, alors, à nous autres qui faisons profession de religion ? Je le répète, c'est ceci : une volonté d'être changé, une volonté de permettre (...) à Dieu tout-puissant de nous changer. Nous n'aimons pas lâcher prise sur nous-mêmes, et, partiellement ou totalement, bien que tout nous soit offert gratuitement, nous nous accrochons à notre vieux "moi". Même si on nous promettait de pouvoir changer sans difficulté aucune, même s'il n'y avait aucun renoncement à nous-mêmes, aucun effort pour changer, nous n'accepterions pas davantage. Nous n'aimons pas être recréés ; nous en avons peur ; cela nous sort de nos manières de faire naturelles et habituelles. Nous avons le sentiment de ne plus pouvoir être nous-mêmes, si nous ne gardons pas une part de ce que nous avons été jusqu'ici ; et, bien que nous professions haut et fort, et d'une manière générale, notre désir d'être changé, en fin de compte, lorsque les circonstances particulières se présentent à nous, nous reculons devant celles-ci, et sommes contents de rester inchangés. Mais lorsqu'un homme vient à Dieu pour être sauvé, ce qui constitue alors, je vous le dis, l'essence de la conversion véritable, c'est de se rendre, sans réserves et inconditionnellement ; et c'est là une parole que la plupart des hommes qui viennent à Dieu ne peuvent accepter. Ils souhaitent être sauvés, mais à leur idée ; ils souhaitent (pour ainsi dire) capituler sous conditions, emporter leurs biens avec eux ; alors que l'esprit véritable de la foi conduit un homme à détourner son regard de lui-même vers Dieu, à n'attacher aucune importance à ses propres désirs, à ses habitudes, à sa propre importance ou à sa dignité, à ses droits, à ses opinions, et à dire : "Je me remets entre tes mains, ” Seigneur ; fais de moi ce que tu veux ; je m'oublie ; je me sépare de moi-même ; je suis mort à moi-même ; je te suivrai". (John Henry Newman, "Le témoignage de la conscience", Sermons paroissiaux, V, p. 210-216, Présenté par Keith Beaumont dans John Henry Newman, Artège spiritualité, 2010, p.125-127) Seigneur je remets entre tes mains toute la communauté du Séminaire et plus largement toutes celles et ceux qui contribueront à la formation de chacun. Je pense à Antoinette Cohier au service de notre maison, je pense à tout le personnel du Centre d'études théologiques, aux Soeurs oblates de sainte Thérèse, à Marie-Thé Hamed, secrétaire, à tous les enseignants, au personnel de la bibliothèque et bien sûr au directeur lui-même, à M. Thomas Gueydier. Je pense encore au Père Gérard Pitel curé de la paroisse sur laquelle nous résidons et à tous les curés d'accueil et d'insertion pastorale, à tous les autres prêtres, à tous les laïcs qui accompagneront les activités apostoliques des séminaristes. Je présente au Seigneur par avance, celles et ceux qu'il mettra sur notre route et par lesquelles il viendra mieux nous former encore. Enfin c'est en communion avec Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Coutances et Avranches et le Père Christian Roullé, administrateur du diocèse de Séez que nous confions cette année de Séminaire au Seigneur par l'intercession de la Vierge Marie et de saint Jean-Eudes. A chacun de vous Paix et Joie ! Que le Seigneur vous bénisse au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit !
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