Archives

 
 

Accueil » Billet de la semaine

Devenir des Saints !

Devenir des saints ! Et cela sans idéaliser la sainteté ! Nous avons eu, ces dernières semaines, de belles occasions d'être au contact de la vie des Saints : Le Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), Saint Jean-Eudes (1601-1680), Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face (1873-1897), et encore le vrai témoignage des sept moines de Tibhirine (le 21 mai 1996). Chaque fois je fus saisi par l'humanité de ces personnes, des hommes et des femmes comme vous et moi ! Chaque fois, je fus saisi par la présence rayonnante de ces saints et témoins en ceux et celles qui nous en parlent, qui en vivent et qui prolongent leur témoignage...

120 ans nous séparent de John Henry Newman : Mgr Olivier de Berranger et les anglais nous l'ont rendu tout proche ... Et le pape Benoît XVI indique la fraîcheur d'une pensée précieuse pour notre temps, le pape se tourne vers le passé d'une vie pour nous en montrer son actualité.

113 ans nous séparent de Sainte Thérèse, qui, morte à 24 ans, aurait pu vivre jusqu'à 90 ans et serait ainsi morte en 1963 ! (l'une de ses soeurs est morte si je ne me trompe en 1961). Elle est une soeur quasi-contemporaine et presque du siècle dont nous venons. Et puis la visite des Buissonnets, comme celle de la maison natale à Alençon et plus encore nos soeurs carmélites de Caen nous mettent en présence de cette sainte.

La proximité avec les moines de Tibhirine ne représente même pas vingt ans. Quelle merveille qu'un non croyant ait pu, en exerçant son art, créer une oeuvre cinématographique qui conduit avec simplicité à la profondeur de l'amitié avec le Christ. Je garde le réel, le concret, la simplicité, la pauvreté, la fragilité, la foi et la peur, la vie de vrais gens comme nous.

Saint Jean-Eudes, quant à lui, vient d'une autre époque: 330 ans nous séparent de lui mais dans cette ville de Caen ne sentons-nous pas sa présence ? Mon émotion fut grande de recevoir des mains des soeurs de Notre Dame de Charité, sa première fondation à Caen, une relique insigne de lui, après avoir vénéré d'autres insignes reliques précieusement conservées et avoir vu la statue de la Vierge allaitant, qui, souvent, l'accompagnait et la statue de Notre Dame de Charité que les carmélites de Caen (fondée en 1616) lui avaient offerte ; carmélites qui le choisiront comme aumônier de 1662 à 1680. Notre visite chez les soeurs de Notre Dame de Charité ravivait en moi la journée d'études (du CETh en juin 2009) autour de Jean de Bernières, un ami de saint Jean-Eudes, ou encore notre visite dans la maison qui abrita l'embryon du premier séminaire de Caen, avec la chambre dans laquelle il mourut... Cette maison est aujourd'hui le lieu d'un foyer d'étudiantes avec les soeurs de Notre Dame de Charité et les soeurs du Bon Pasteur.

 

Tous ces saints, je le répète, furent des gens comme vous et moi, des hommes et des femmes tout à fait terrestres. Il est trop facile d'y être sensible et de refermer bien vite leur vie découverte dans des livres, ou des pensées, bien fermés et rangés et ainsi de passer à autre chose. Et ce pourrait être un manque de véritable humilité que de déclarer que cela n'est pas pour nous... Car le chemin de leur vie nous indique ce que nous devons consentir à devenir selon le mouvement d'humilité de notre Maître le Christ qui nous a appelé à le servir en lui donnant toute notre vie.

P. Régis Rolet, recteur du séminaire
&,bsp;