Archives

 
 

Accueil » Billet de la semaine

Un cours sur le terrain

Il y a quelques jours, notre cours de liturgie consacré au «Mouvement Liturgique» s'est exporté à l'abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes.

Le nom de cette abbaye ne vous est certainement pas inconnu. Elle vient de fêter cette année son premier millénaire. Fondée en 1010 par l'abbaye de la Couture du Mans, elle demeure, jusqu'à la révolution française, un important prieuré. Elle doit sa renaissance à Don Guéranger qui, en 1837, restaure dans ce lieu l'ordre des bénédictins en France. Depuis sa restauration, l'abbaye est un haut lieu de la vie bénédictine malgré les jours d'épreuve, les deux guerres et la loi d'exil de 1901. La congrégation de Solesmes rayonne en France comme dans le monde par ses nombreuses fondations. Ses travaux sur la liturgie, et particulièrement sur le chant grégorien, ont fait sa renommé. Depuis la fin du Concile Vatican II, le Saint-Siège a confié à la communauté des moines la mission de poursuivre les travaux de recherche sur le grégorien.

Nous avons fait le déplacement à Solesmes pour y découvrir d'un peu plus près la figure de Dom Prosper Guéranger. L'œuvre importante que nous a léguée Dom Guéranger nous permet aujourd'hui de réfléchir sur les réformes liturgiques initiées par le concile. Pour bien comprendre son travail, il faut situer l'époque ! En quelques mots, notons que la messe était basse. Seul un servant répondait aux propos du prêtre. Les fidèles faisaient leurs dévotions privées. La communion était elle même une dévotion privée. Dans les séminaires, la liturgie était un enseignement de second ordre. Il ne s'agissait en effet que de maitriser les rubriques du missel...
Mais Dom Gueranger voulait autre chose pour ses moines. Ayant étudié les Pères de l'Eglise, il cherchait à redécouvrir l'origine de la vie monastique. Son travail va alors consister à montrer l'importance de la Foi dans les rites en permettant la re-découverte d'une théologie de la liturgie. Ses deux «chevaux de bataille» seront de permettre la participation des fidèles à la liturgie et de fonder la prière publique de sa communauté dans une démarche de Foi. Tout cela le conduira à soutenir le rétablissement du chant grégorien comme le chant propre de l'Eglise.
D'autres suivront ses pas, notamment des bénédictins venant d'abbayes fondées par Solesmes. Son œuvre va se répandre au cours du XXème siècle et elle trouva son accomplissement dans les réformes du concile Vatican II. Mais le mouvement liturgique n'en est pas pour autant clos et il se poursuit encore aujourd'hui.
L'œuvre de Dom Gueranger fait de lui l'initiateur d'un mouvement qui perdure et qui permet aux fidèles du Christ de grandir dans la prière liturgique.

Cette journée nous a donc permis de voir les fruits de l'œuvre de Dom Gueranger. Nous avons notamment pu visiter la salle d'étude de paléographie musicale et découvrir cet impressionnant travail de recherche, avec les copies, les photographies, les synopses musicales qui sont l'œuvre de la vie de nombreux moines.

Ils ont reçu cette mission qu'ils accomplissent dans perdre de vue leur «charge» première et principale. Celle qui les a conduit à vivre selon la règle de Saint Benoit : Ora ! La prière de ces moines pour le monde est un témoignage de l'amour de Dieu pour les hommes. Leurs chants s'unissent à celui des anges pour glorifier Dieu.

Que notre Seigneur les bénisse.

Alain le Marinel, séminariste de Coutances & Avranches, 2nd cycle

 

Pour découvrir l'abbaye, vous pouvez consulter son site internet.

&,bsp;