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Le temps de l’Ordinaire…
Depuis dimanche dernier, solennité de la Pentecôte, nous sommes revenus dans le Temps Ordinaire. Ce nom est bien trompeur…il pourrait laisser croire que c’est le temps où il ne se passe rien, le temps des banalités, le temps sans fête ni solennité…
Le temps ordinaire est le temps du quotidien. Ce n’est pas un quotidien rendu à sa banalité, mais un quotidien redécouvert et renouvelé dans le souffle de l’Esprit Saint qui transforme des hommes ordinaires de Galilée en témoins du Christ, prêts à affronter les mers et les dangers pour vivre et dire leur Foi. C’est notre quotidien, transfiguré de l’intérieur, renouvelé par l’Esprit Saint, arraché aux puissances de la mort et du péché par la résurrection. Ainsi, durant cette période l’Eglise continue à célébrer, dimanche après dimanche, le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, afin qu’il pénètre toujours plus l’ordinaire des baptisés.
L’ordinaire de nos vies… Il est fait de notre travail, de notre vie familiale, de nos loisirs, de nos relations d’amitié. Il est fait de joie, de peine, de souffrances ou d’espérances. Il est fait de tous ces instants, de tous ces visages au cœur desquels et par lesquels le Seigneur nous dit son amour. Ce sont nos gestes « ordianires » par lesquels Dieu se donne à nous.
C’est l’ordinaire de la vie de l’Eglise qui partage du pain et du vin, qui verse de l’eau, fait une onction d’huile, gestes « ordinaires » par lesquels Dieu se donne à son peuple.
C’est là, dans cet « ordinaire » de nos vies que Dieu nous attend pour nous sanctifier. C’est le temps ordinaire. C’est le temps de l’Eglise !
"Nous autres, gens des rues"
"Il y a des gens que Dieu prend et met à part. Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne retire pas du monde. Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires. Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires. Ce sont des gens de la vie ordinaire. Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue. Ils aiment la porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux. Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis, est pour nous le lieu de notre sainteté. Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné."
(Madeleine Delbrêl, extrait tiré de L’Evangile au coin de la rue)
père Nicolas
