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Rencontre avec la famille Donum Dei

Depuis le mois de septembre, la communauté du Séminaire Saint-Jean-Eudes accueille parmi ses nouveaux frères deux religieux, Dominique et Joselito, membres de la branche sacerdotale de la Famille Donum Dei.

Nous laissons la parole à Joselito qui nous présente sa famille...

 

La Famille Missionnaire Donum Dei

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Témoignage de Jean-Philippe, en stage à Pala


Jean-Philippe est parti pour deux années de stage à Pala, au Tchad. Nous lui avons posé quelques questions pour mieux connaître son expérience.
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Témoignage de Jean-Philippe, en stage à Pala


Jean-Philippe est parti pour deux années de stage à Pala, au Tchad. Nous lui avons posé quelques questions pour mieux connaître son expérience.
Voici ce qu'il nous partage...

Jean-Philippe, te voilà maintenant depuis un an à Pala… Quel visage de l'Eglise découvres-tu dans ce diocèse d'accueil ?

 

L’Eglise de Pala est une Eglise jeune ; elle n’a pas encore cent ans d’existence, quand les nôtres en ont plus de milles ! L’Evangile doit encore être annoncé – il doit l’être toujours – car il n’imprègne pas encore la vie, l’agir des fidèles chrétiens. Il y a des signes encourageants, mais ils sont encore trop peu nombreux à l’heure actuelle.

L’Eglise est encore une mère pour ses enfants, une mère pleine de sollicitude et de bienveillance. Elle considère que son engagement humanitaire à l’endroit des petits n’est ni secondaire ni facultatif. Elle souhaite répondre aux besoins de la population qui sont nombreux et urgents. Je suis admiratif de son travail en faveur de la Justice et de la Paix. A travers les Commissions « Justice et Paix », elle défend avec courage et audace le respect des droits les plus sacrés de l’être humain et parmi eux des plus petits. Un prêtre de la paroisse, le curé modérateur, est d’ailleurs quasiment détaché pour ce travail.

 

Est-ce que ce séjour a changé quelque chose dans ta propre foi?

 

Je crois qu’elle a grandi, qu’elle s’est encore fortifiée. J’avais vécu, pendant l’année de fondation spirituelle, la longue maladie de maman et sa mort : c’était une épreuve qui, déjà, je crois, m’avait un peu fortifié dans ma foi. Le départ au Tchad m’a semblé une épreuve beaucoup moins grande, mais qui s’avère également bénéfique. C’est un déplacement extérieur qui, l’air de rien, entraîne aussi un déplacement plus intérieur, toujours en profondeur. Coupé physiquement de ma famille, du Séminaire, de mes amis, c’est un tout autre mode de présence qu’on redécouvre. J’ai trouvé un passage d’Elisabeth de la Trinité qui, dans une lettre adressée à sa mère, l’exprimerait sans doute mieux que moi : « cela est bien simple pour aller à vous je fais souvent ce voyage : la prière, l’union en Celui qui est le Lien de toute affection, voilà mon mode de transport » (lettre 171).

En quittant la France, j’ai laissé, quoi que momentanément, quelques sécurités, aussi bien matérielles que morales et spirituelles. Au départ, c’est un peu déroutant, mais au fond, disons-le, c’est tellement amusant !... Ce ne le serait pas d’ailleurs que cela n’aurait pas non plus beaucoup d’importance ! Comme en tout, il suffit juste de s’arrimer à Dieu !

Au fond, c’est toujours une aventure à laquelle Il m’invite, confiant qu’Il me donnera, le temps venu, ce dont Il estime que j’ai besoin pour mieux l’aimer et le servir ! En retour, c’est une  Joie indicible qui m’habite ! Au Tchad, je découvre certes une culture, mais surtout je fais des rencontres, je tisse des amitiés qui me donne de la joie, un bien-être !

 

Quels sont tes activités pour cette année?

Il y a un projet de construction de chapelles pour la Paroisse Cathédrale de Pala. Trois petites chapelles de brousse devraient sortir de terre au cours de l’année grâce aux dons récoltés cet été. Les fidèles tchadiens, à leur mesure vont également participer, pour qu’eux même s’approprient leur projet. Il y a, ici, en effet, un réel besoin de lieux de culte. Les fidèles chrétiens demandent de tels lieux. Ils sentent que ces lieux seraient, en effet, pour eux, pour la communauté chrétienne locale dont ils sont membres, un moyen privilégié de croissance spirituelle. Bien souvent, les messes sont dites en plein air, soumises aux aléas climatiques : soleil et vent forts de poussière. Dans ces conditions, il leur est difficile d’écouter avec recueillement la Parole de Dieu et donc de la recevoir en profondeur. De même, le Sacrement de l’Eucharistie, sacrement de l’amour par excellence, ne peut pas, dans ses conditions, être dignement célébré. Or, ce sont bien la Parole de Dieu et le Sacrement de l’Eucharistie qui restaurent, fortifient l’homme et le rendent capable de s’engager au sein de la société.

Souvent, je pense à une parole de Mère Térésa. Elle disait qu’il est impossible de s’engager dans l’apostolat direct si l’on n’est pas une âme de prière ; que c’est lorsque nous aurons appris à chercher Dieu et sa volonté que nos rapports avec les pauvres deviendront alors des moyens de sanctification pour nous et pour les autres (Mère Teresa de Calcutta de Malcom Muggeridge). Les chapelles ne sont certes pas LA solution miracle mais elles peuvent être ces lieux de la Rencontre qui poussent l’homme à se lever et à se mettre au service de ses frères. Nous pourrions certes construire tous les dispensaires et distribuer tous les pansements du monde, mais ce n’est peut-être pas de cela dont l’homme a besoin en premier. L’homme a peut-être plus besoin de lieux de croissance humaine et spirituelle qui lui permettent de se fortifier et se guider dans le monde. Eclairé, fortifié par Son Amour, c’est alors qu’il peut  éviter « l’hôpital des soucis », entendez par là les cabarets qui portent cette enseigne, qui, parfois, oui, le conduisent aux dispensaires de brousse ou à l’hôpital de Pala.

 

Quelles richesses humaines as-tu rencontrées à Pala?

 

Une richesse de l’homme découverte ici, celle qui m’a le plus frappée : c’est l’hospitalité, plus encore celle de l’écoute, de la disponibilité à l’écoute. En France, nous estimerions peut-être, sans nous en apercevoir, inconsciemment, que cette qualité d’écoute est une perte de temps, que le champ de l’apostolat nous presse ! J’ai suivi l’abbé Edmond dans une des nombreuses communautés de la paroisse dont il a la charge. A la fin de la messe, il a convoqué une rencontre avec tous les responsables de la communauté présents pour suggérer un projet. Une fois le projet proposé, la parole a commencé de tourner, entrecoupée parfois de longs silences qui n’exprimaient, en fait, aucune gêne, mais tout simplement le temps d’une réflexion concertée. Le Père ressaisissait ensuite les termes de la discussion, donnait quelques éléments de discernement et la relançait, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’une décision satisfaisante et droite soit adoptée, mine de rien, à la quasi unanimité.

 

Quelle(s) idée(s) en retires-tu pour ton diocèse en France?

 

En France,  je n’ai pas assisté à beaucoup de réunions pastorales. J’en sais ce que l’on veut bien me dire : elles semblent, quelque fois, être plus gouvernées par des rapports de force, tels qu’il en existe dans la société civile, que par un esprit fraternel dans la vérité. Mais l’exemple précédent tend à me montrer que la collaboration entre prêtres, religieux, religieuses et laïcs dont il tant question actuellement –il suffit de lire la presse catholique- peut ou pourrait être plus harmonieuse si les personnes, dans un esprit de charité, s’écoutaient et recherchaient ensemble la vérité dans ce qu’elles entreprennent. Parfois, nous valorisons notre expérience et la transformons en dogme irréfragable ; nous nous estimons plus compétent que l’autre et ne lui laissons aucune place pour se former, tout en faisant profession d’ouverture... logique parfois toute humaine où le Seigneur, insensiblement, est oublié, bien que nous professions son Nom.

 

Voudrais-tu nous transmettre un message particulier ?

 

Non aucun. J’aimerais plutôt partager avec vous un passage de Saint François de Sales qui parle de voyage, sans faire aucun commentaire. Dans ce beau passage, très vif et très simple à la fois, l’âme est personnifiée par la reine et le Seigneur par le roi saint Louis. Voyez avec saint François de Sales le roi saint Louis qui s’embarque et fait voile pour aller outre-mer. Et voyez la reine s’embarquer avec lui. « Or qui eut demandé à cette brave princesse :

- Où allez-vous, Madame ?

Elle eut sans doute répondu :

- Je vais où le roi va.

- Mais savez-vous bien, Madame où il va ?

Elle eut aussi répondu :

- Il me l’a dit en général et néanmoins, je n’ai aucun souci de savoir où il va. Mais seulement d’aller avec lui.

Que si on eut répliqué :

- Donc, Madame, vous n’avez point de dessein en ce voyage ?

- Non, eut-elle dit, je n’en ai pas d’autre que d’être avec mon cher seigneur et mari.

- Voire mais, lui eut-on pu dire, il va en Egypte pour passer en Palestine. Il logera à Damiette, dans Acre et plusieurs autres lieux. N’avez-vous oint l’intention, Madame, d’y aller aussi ?

A cela elle eut répondu :

- Non vraiment, je n’ai nulle intention sinon d’être auprès de mon roi et les lieux où il va me sont indifférents. Je vais sans désir d’aller, car je n’affectionne rien d’autre que la présence du roi. C’est donc le roi qui va et qui veut le voyage et quant à moi, je ne vais pas, je suis. Je ne veux pas le voyage mais la seule présence du roi »

Jean-Philippe Leprieur, séminariste de Coutances & Avranches, en stage à Pala

 

Si vous voulez aider Jean-Philippe et les communautés catholiques de Pala à construire des lieux de culte, vous pouvez lui envoyer vos dons par le biais du séminaire en précisant qu'il s'agit d'un don pour Pala.

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