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« Cherche tout ce qui est beau »

Après un week-end de rentrée du séminaire dans la joie de l'Eglise réunie autour du Saint-Père, il nous faut maintenant reprendre des activités plus ordinaires, comme, par exemple, les cours au Centre d'Etudes Théologiques.

 

 

 

 

 

Rassurez-vous, « ordinaire » ne signifie pas « moins passionnant », bien au contraire ! A côté de la vie communautaire, de la vie liturgique et spirituelle, ainsi que de la pastorale, la formation intellectuelle occupe une grande place dans la formation des futurs prêtres, comme elle le devrait également dans la vie de tout baptisé désireux de rendre compte de l’espérance qui est en lui (cf. 1 Pierre, 3).

Le 24 juillet 2007, le pape Benoît XVI rappelait au clergé de diocèses italiens l’exigence de comprendre notre foi pour mieux l’annoncer : « Nous devons réapprendre ce que les chrétiens des premières générations ont vécu... Nous devons être des personnes qui vivent la foi et qui pensent la foi, qui la connaissent intérieurement. Ainsi, en nous-mêmes, la foi devient raison, devient raisonnable. La méditation de l'Evangile, et donc l'annonce, l'homélie, la catéchèse, pour rendre les personnes capables de penser la foi, constituent déjà des éléments fondamentaux de cette combinaison ent

La vie intellectuelle au séminaire est ainsi ordonnée à cette exigence d’annonce de la Bonne Nouvelle. Elle a pour objectif de permettre à chacun de mieux comprendre la foi transmise par l’Eglise, afin de mieux rendre compte de notre espérance, étant uni au Christ Jésus.

Cette unité profonde entre vie spirituelle, vie pastorale et vie intellectuelle est l’intuition fondamentale que les Pères de l’Eglise ont su développer lors du premier millénaire du Christianisme. Leur passion pour la Révélation divine en Jésus-Christ s’exprimait à travers la recherche d’expressions rationnelles de la foi conjuguée à l’annonce passionnée de la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Les Pères nous invitent à prendre au sérieux la formation intellectuelle comme expression de notre amour pour le Seigneur et pour son Eglise. Ils nous invitent aujourd’hui à faire de la théologie comme ils l’ont fait en mêlant intimement la doctrine, la vie spirituelle, la réflexion personnelle et l’engagement au service des chrétiens. Leur vision unifiée de la foi, de la recherche et de l’annonce ancrée dans un attachement personnel et profond à la personne du Christ, est pour nous une invitation constante à centrer notre travail, notre formation sur le Christ Jésus.

Pour vous aider à entrer dans cette nouvelle année universitaire ou pour vous donner le goût des études dans l’esprit des Pères, je vous laisse cette belle prière de Jacques de Saroug, moine et poète du VIe siècle [2] :

Toi qui es un sage,

 

cherche tout ce qui est beau.
Alors saisis l’amour.
Il est si proche de Dieu.

 

Toi qui es un maître
tu es chargé de faire découvrir aux autres
les mystères de Dieu.
Parle avec amour, sinon tu es inutile.

 

Toi qui es un disciple,
tu écoutes avec attention ce qui est nouveau.
Donne-moi ton amour
et reçois une parole pleine de vie.

 

Toi qui enseignes sans amour, tais-toi.
Tu te fatigues pour rien,
tu dis des mots,
et ils sont inutiles.

 

Toi qui écoutes sans amour,
ferme donc tes oreilles.
Oui, si tu entends seulement des mots et des sons,
cela ne te sert à rien.

 

Toi qui es un grand savant,
tu veux donner ta science à celui qui t’écoute.
Alors aime beaucoup,
et parle peu à tes disciples.

 

Et toi, le disciple, avec un grand amour,
écoute un tout petit discours.
Alors ces paroles te rendront riche.
En effet, sans amour, tu ne peux pas devenir riche.

 

P. Nicolas Courtois, père du conseil du séminaire, du diocèse de Coutances & Avranches



[1] Rencontre avec des membres du clergé des diocèses de Belluno-Feltre et de Trevise à Auronzo di Cadore, 24 juillet 2007, site ‘Vatican.va’, « discours »

[2] Jacques de Saroug (moine et poète du VIe siècle), Poème sur l’amour, in La prière des Pères, Bayard, Paris 1997.

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