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De la famille à l'universel

 

 

 

 

 

Louis et Zélie Martin : Couple de la petite bourgeoisie alençonnaise, famille du 19e siècle, parents ayant donné cinq religieuses à l'Eglise...

J'avoue que ce profil n'a rien d'attractif et que de ce fait je ne voyais pas très bien pourquoi on faisait tant de bruit autour de ce couple. Je me demandais même pourquoi l'Eglise avait fait ce choix de nous donner Louis et Zélie pour exemples et compagnons de route en les béatifiant. Je me suis donc rendu a Alençon le samedi 18 et à Lisieux le dimanche 19 pour participer à ce temps de fête, qui à ce moment me dépassait un peu, et en même temps j'y étais venu pour découvrir le couple dont on parlait tant.


Le Diocèse de Séez a fait le choix d'inviter très largement les diocésains et particulièrement les jeunes pour découvrir Louis et Zélie. L'après-midi du samedi était marqué par des temps de fêtes de découvertes des lieux sur lesquelles ils ont vécus: le pont de la rencontre, l'église de l'engagement, la maison familiale, l'horlogerie, le pavillon havre de paix de Louis ; des lieux qui donnent chair à ce couple, une certaine réalité physique qui jusque-là me manquait.


Une journée marquée par une très belle conférence de Mgr Jean-Claude Boulanger. Il nous à fait apparaître combien ce couple d'Alençon était à la fois de son époque et en même temps plein de pertinence pour la nôtre. Mariés trois mois après leur coup de foudre il font le choix d'échanger leurs consentements dans l'intimité de l'arrière choeur de l'église Notre-Dame, à minuit, comme pour se centrer sur l'essentiel: leur union devant Dieu. Loin des mondanités inhérentes à un mariage, ils s'engageaient l'un envers l'autre, l'un pour l'autre, l'un avec l'autre; devant, avec, et pour Dieu. La suite de l'histoire je ne la raconte pas et la laisse à votre recherche personnelle. J'ai juste put toucher du doigt ou du coeur la simplicité de ce couple, qui bien loin de vivre un comte de fée a su faire de cet engagement un moyen de cheminer vers la sainteté. Ils n'ont pas eu une vie édulcorée comme je le redoutais mais bien une vie ordinaire qui n'aura d'extra-ordinaire que leur volonté d'être acteur de leur foi et de la vie sociale de leur temps.


En fin d'après-midi nous avons célébré l'eucharistie à l'église Notre-Dame, église paroissiale dans laquelle la famille Martin s'est souvent rendue. Ce fut une célébration marquée par l'esprit de famille. La paroisse d'Alençon à vraiment porté la préparation et la célébration dans un esprit de fraternité. Oui, Louis et Zélie, d'une manière particulière, sont frère et soeur des Alençonnais parce qu'ils ont appartenu et appartiennent encore à cette ville, à cette paroisse. Louis et Zélie ont d'abord été célébrés à la maison.
En soirée une pièce de théâtre sur leur vie de famille à encore souligné cet aspect. J'y ai découvert combien Zélie était une femme vive, qui savait rire, réagir sur le monde de son temps, et même à mon propre étonnement j'ai pu la découvrir capable de malice; et Louis en père de famille qui animait la sienne en déclamant quelques poésies, ou en organisant des sorties pour la plus grande joie de ses filles. Oui, il me semble dès lors y voir une famille où la joie règne.


Enfin, avant d'entrer dans le silence de la nuit nous avons prié devant Jésus-hostie, avec en écho les paroles-même de nos amis. La nuit recouvre cette journée de quelques heures de sommeil avant le départ pour Lisieux.

Et je vis une foule immense...
Des milliers de fidèles étaient déjà présents tôt le matin, Louis et Zélie vont être donnés à l'Eglise toute entière pour exemple et compagnons de route. Eux qui ont toujours vécus dans l'Orne se retrouvent ainsi témoins universels de l'amour: Un amour mutuel certes, mais aussi l'amour d'un Dieu qui au jour de leur mariage s'est engagé avec eux. Ils ont su faire de la place dans leur couple et dans leur foyer à celui qui est tout amour, alors l'amour à fleuri.


C'est lors de la célébration eucharistique que le cardinal Sarajeva Martins a déclaré Louis et Zélie bienheureux. Je retiens de cette célébration la beauté de la liturgie, rien de particulier juste une liturgie de fête dans la tradition de l'Eglise. Nous nous inscrivons dans une longue histoire, et il est beau de le signifier dans la continuité. Je retiendrai aussi ce passage si émouvant du petit Pietro et de ses parents découvrant aux regards de tous le reliquaire, et surtout les larmes de sa maman. Des larmes de joie, des larmes de reconnaissance envers ceux qui ont intercédés pour la guérison du petit.

A présent, nous avons deux amis de plus pour cheminer vers la sainteté. A nous de savoir saisir la chance et de nous nourrir de l'enseignement de leur vie. A vous et à moi de prendre du temps pour lire leur correspondance par exemple. A nous de les faire connaître et aimer des couples, pour qu'eux aussi à l'exemple des Martin, cheminent vers la sainteté.

Mehdi Riffi, séminariste en 2ème année de 2nd cycle, du diocèse de Séez

 

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