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A qui le tour ?
Tous les anciens de la Maison Charles-de-Foucauld (désignée par "CdF": lieu où se déroule l'année de fondation spirituelle qui précède le séminaire), dont Stanislas et moi-même, étaient en effet invités, avec nos supérieurs de Séminaire, à partager ce moment d'action de grâce avec les Petites Sœurs des Pauvres qui accueillent au sein de leur Maison Mère la Maison CdF.

Nous étions tous très heureux pour cette occasion spéciale de retrouver nos chères Petites Sœurs et les frères de communauté avec lesquels nous avions vécu pendant presque une année ! Cette journée festive s'est ouverte par un match de foot entre les anciens et les nouveaux de la Maison CdF; puis elle s'est poursuivie par la visite des nouveaux bâtiments de la Maison CdF qui accueille cette année 19 jeunes hommes qui se posent la question de la prêtrise ! Le déjeuner, qui faisait suite à la visite, a été l'occasion supplémentaire de faire connaissance avec la nouvelle promotion. Et, en attendant la messe d'action de grâce qui clôturait la journée, nous avons pu, tout en faisant la vaisselle ou, tout en nous promenant dans le vaste parc de la propriété, échanger nos expériences, nos découvertes et nos ressentis sur la vie de la Maison CdF et la vie de nos séminaires respectifs.
Mais le point culminant de la journée fut bel et bien la messe d'action de grâce dans la grande Chapelle de La Tour Saint-Joseph en l'honneur de la canonisation de Jeanne Jugan.
Qui, parmi "les anciens", n'a pas vécu une sorte de compagnonnage spirituel avec Sainte Jeanne Jugan ? Nous nous souvenons tous par exemple, non sans esquisser un sourire entendu, de cette parole attribuée à Sainte Jeanne Jugan qui est inscrite en noir sur l'immense mur blanc du réfectoire de l'ancienne Maison CdF : "Il faut tout faire par Amour pour le bon Dieu". Phrase simple, en apparence, presque anodine, mais que nous rencontrions au moins trois fois par jour ! Nous avions au moins le temps de la méditer... et pourquoi pas de la mettre en œuvre dans la vie communautaire ! Combien de fois Jeanne Jugan ne nous a t'elle pas ainsi aidé à dépasser notre amour-propre ? ... En effet, Jeanne Jugan, comme modèle de sainteté, nous invitait et nous invite à ne pas nous centrer sur nous mêmes, mais sur Lui, le Seigneur, qui veut notre bonheur ! En nous décentrant de nous-mêmes, en lui offrant tout, dans un acte de confiance, notre cœur s'ouvre et nous en ressentons une joie profonde ! Il faut en faire l'expérience !
L'homélie de Mgr d'Ornellas d'ailleurs faisait écho à cette expérience que certains ont peut-être vécu. Il nous exhortait, à la suite de Jeanne Jugan, à nous décentrer de nous même, à nous convertir sans cesse, à convertir notre regard, à porter un regard d'amour sur nos frères pauvres, qu'ils soient abimés par l'âge, la maladie ou la souffrance en général, "parce qu'ils sont aimés de Dieu" et "que nous ne pouvons pas, valablement, prétendre aimer Dieu si nous n'aimons pas nos frères pauvres".
Comme Sainte Jeanne Jugan, qui appartenait au Tiers-Ordre fondé par Saint Jean-Eudes, fondateur du premier séminaire à Caen et patron de l'actuel de Caen, notre source désaltérante dans cet effort toujours renouvelé de conversion de tout l'être, se trouve sans aucun doute dans "la contemplation de l'amour de Dieu, révélé dans les cœurs de jésus et de Marie" (Le désert et la Rose, Eloi Leclerc).
En compagnie de nos amis les Saints, le chemin vers Dieu est ouvert en grand ! Utilisons-les !
Jean-Philippe Leprieur
